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Article  » Into the silence »

Et si nous plongions en nous-même pour partir à l’écoute du silence ? c’est la proposition de ce livre « Into the Silence » de Laurent Muratet,

voici la préface d’Alexandre Jollien tel un manifeste inspirant qui nous appelle à renouer avec notre authentique nature.

À l’heure où l’individualisme fait rage, où le bonheur, la paix de l’âme, le lâcher-prise sont réduits à des produits marketing, il devient urgent d’oser une vision autrement plus audacieuse de la spiritualité pour descendre toujours plus profondément au fond du fond, au-delà du moi, du mental et des bornes étriquées de notre personnalité. Tous, nous sommes embarqués sur le même bateau, voire la même galère. Voilà proprement le défi écologique. Le terme vient du grec et signifie maison. Il a le mérite de nous rappeler que le bonheur ne saurait se bâtir isolément, dans son coin, loin de la fraternité, de la solidarité. Dès lors, partir à l’écoute du silence, se rendre disponible à la beauté du monde, écouter ce qui se cache sous le vacarme du quotidien, c’est oser une nouvelle vie, quitter le mode du pilotage automatique, ne plus être le jouet de nos désirs inadéquats.

Comme l’a bien souligné Chögyam Trungpa, il existe toujours la tentation de sombrer dans un matérialisme spirituel, à savoir instrumentaliser la pratique pour en faire un gilet de sauvetage, un ramassis de pseudos sécurité et un moyen subtil de dorloter un ego qu’il s’agirait de pulvériser.

À force d’être connecté à nos appareils, nous avons fini par nous désolidariser du vivant, de la terre, de soi, de l’autre. Dès lors, l’acte le plus subversif n’est-il pas d’oser une reconversion intérieure, une réconciliation avec tout son être, une déprise de soi ? « Into the silence » nous guide comme par la main vers ce déménagement intérieur qui consiste à cesser de vivre au niveau épidermique, réactionnel. Il rappelle avec bonheur l’inter-dépendance, nous fait goûter à cette expérience profonde de l’unité de tout ce qui est. Car, ainsi que le disait Marc-Aurèle : c’est se couper du tout que de juger, se plaindre et oublier le bien commun. Nous ne saurions faire bande à part, nous distancer de l’autre, de la nature et de notre véritable essence sans foncer droit dans le mur.

L’auteur nous convie aussi à un autre déménagement : cesser de nourrir une mentalité de grand trésorier, de tout miser sur l’avoir pour s’avancer vers l’être. Actes, modes de vie éminemment subversifs que de goûter à la sobriété, d’en faire un haut lieu de la joie. Quand il sera toujours impossible de trouver la moindre satisfaction durable dans l’avoir et le paraître, nous sommes conviés à revenir à une existence dépouillée du trop plein, allégée, vierge des psycho-drames et de l’esprit de calcul.

La méditation, la familiarité avec le silence, le wu wei* autorisent une descente toujours plus profonde vers notre authentique nature où nous attendent la joie, la paix, la générosité. Vivre à partir de ce trésor, c’est être mûs par l’amour, reconnectés à notre vraie nature. C’est protéger par surabondance de joie, notre maison et tous les êtres qui y habitent et plus particulièrement ceux que le monde actuel laissent sur la touche. Au fond, il faut ôter la télécommande de notre vie des mains d’un mental acharné pour se laisser vivre, pour se donner corps et âme.

Le livre nous interroge aussi sur notre mode de vie. Il nous apprend à ralentir, à quitter ces frénésies qui n’apportent aucune satisfaction réelle. Il nous interroge : qu’est-ce qui, au fond de nous, nous inspire ? Les sirènes du matérialisme ou un amour authentique de l’autre ? Le rythme effréné de notre société qui nous fait bien souvent passer à côté de l’essentiel ou la fraternité, la joie qui surabondent dans tout coeur humain ? C’est que, sans naïveté aucune, il s’agit de réapprendre à s’émerveiller, à s’étonner, à goûter la gratitude qui rassasie.

Laurent Muratet dessine, à travers son livre, un itinéraire de grande pacification. Il nous invite à la grande santé et, ultimement, nous ramène au bercail, à notre maison. Laissons-nous bercer par le rythme d’ « Into the silence ».

 

* Wu Wei est un concept taoïste qui peut être traduire par « non-agir » ou « non-intervention ». Pour autant, ce n’est pas une attitude d’inaction ou de passivité, mais le fait d’agir en conformité avec « l’ordre cosmique originaire », le mouvement de la nature et de la Voie (Tao).

 

Préface d’Alexandre Jollien extraite de « Into the silence », par Laurent Muratet (éditions Aluna, 2019).